Dix ans après sa première collaboration, l’artiste française Malika Favre fait son retour aux côtés du créateur sri-lankais Kumkum Fernando pour concevoir l’affiche du 61e Montreux Jazz Festival. Entre esthétique rétrofuturiste et esprit Flower Power, cette œuvre réalisée à quatre mains célèbre la musique comme une expérience à la fois spirituelle, charnelle et universelle.
Une profusion de couleurs vibrantes, des motifs floraux foisonnants et une entité énigmatique aux allures de jukebox ou d’autel sacré : l’œuvre commune de Malika Favre et Kumkum Fernando capte immédiatement le regard. C’est seulement la deuxième fois de l’histoire du Festival, après le duo iconique Keith Haring et Andy Warhol en 1986, qu’une affiche est réalisée à quatre mains.
« Je savais que mon affiche de 2017 serait difficile à égaler alors j’ai voulu prendre le contre-pied : une œuvre pleine de couleurs, aussi maximaliste que la première était minimaliste. Kumkum était l’artiste idéal pour cela. »
– Malika favre

UNE EXPÉRIENCE UNIVERSELLE ET UN CLIN D’ŒIL AU SUMMER OF LOVE
Puisant leur inspiration dans des temporalités variées, des traditions ancestrales sud-asiatiques au rétrofuturisme en passant par les hippies des sixties, les deux artistes ont imaginé une entité intemporelle, presque divine. Les motifs floraux, qui évoquent les quais de Montreux et le mouvement Flower Power, cachent en creux des visages féminins et des baisers, symboles de sensualité et de plaisir. Un clin d’œil appuyé à l’histoire du Festival, né durant le Summer of Love en 1967, dont on célèbre les soixante ans l’année prochaine.
« Le déclic est venu quand nous avons remarqué la similarité entre la forme de certains autels religieux et celle d’un jukebox. On a imaginé une porte d’entrée vers un univers sacré de la musique, à la fois robot rétrofuturiste et être mythologique. »
– Kumkum fernando
UN CABINET VINYLE SUR MESURE
Dès le départ, l’idée était de donner à la figure centrale de l’affiche une existence en trois dimensions, dans la lignée du travail de Kumkum. Elle prend ainsi la forme d’un cabinet vinyle produit sur commande, avec un compartiment dédié à la platine et des tiroirs pour ranger les disques.

À PROPOS DES ARTISTES
Malika Favre est une artiste et illustratrice française basée à Barcelone. Son langage visuel percutant, explorant l’illusion d’optique entre espaces positifs et négatifs, l’a conduite à collaborer avec les titres les plus prestigieux au monde tels que The New Yorker ou Vogue.
Kumkum Fernando est un artiste sri-lankais dont l’œuvre fait le pont entre mythologie ancienne et futurs imaginaires. Ses sculptures colorées, inspirées par l’héritage d’Asie du Sud, habitent un monde où le sacré et le fantastique coexistent.

UNE TRADITION DE CARTES BLANCHES DEPUIS 1967
Depuis 1967, le Festival donne carte blanche à des artistes suisses ou internationaux pour réaliser son affiche officielle. En 1982, Jean Tinguely laissait sa trace indélébile, devenue le logo si reconnaissable. Keith Haring en signait trois déclinaisons en 1983, puis en binôme avec Andy Warhol en 1986. David Bowie se prêtait au jeu en 1995, comme plus récemment Yoann Lemoine (Woodkid), Christian Marclay, Lakwena ou Kévin Germanier.
